Pourquoi une nouvelle revue ?

Quelle est l’utilité d’une autre revue écologiste ? Bifurcation/s souhaite répondre à trois principaux objectifs.

Tout d’abord, créer un espace de confrontation et de dialogue entre les différentes interprétations de l’écologie politique : faire en sorte que les options théoriques « marxistes », « écologistes », « socialistes » « anarchistes », etc. puissent se rencontrer, pour esquisser des points de convergence, propice à alimenter les luttes militantes. La revue souhaite s’appuyer sur les options théoriques multiples (« gorzienne », « deleuzienne », « bourdieusienne », etc.), les épistémologies des Nords et des Suds, les apports de toutes les disciplines scientifiques, afin de réinterroger les modes d’action pour produire une rupture politique de nos sociétés face aux urgences écologiques.

Ensuite, faciliter les échanges entre les acteurs de la transformation écologique, qu’ils soient politiques, syndicaux, associatifs, groupusculaires, transnationaux, ici ou ailleurs. À condition aussi qu’ils s’inscrivent dans le camp de l’émancipation et de la reconnaissance de toutes les identités.

Enfin, constituer une animation collective à même de témoigner de la capacité de construire ensemble une contre-proposition politique, nécessairement plurielle dans ses formes d’expression et ses expérimentations.

Bifurcation/s se compose de quatre instances, dont un comité des mouvements sociaux et écologiques, chargées de veiller à la diversité des expressions, de permettre un travail d’échange qui facilitera l’émergence de points de controverses, d’éviter tout alignement idéologique réducteur et d’aider à la compréhension des clivages centraux de nos sociétés (comme la ligne de partage entre écologie et justice), en permettant l’expression de voix dissonantes ou en valorisant les signaux faibles…

Bifurcation/s entend ainsi faire face aux transformations majeures que nous vivons.

A minima « bifurcation » signifie la survenue de changements irréversibles (ou « durables ») dans les trajectoires existantes, impliquant l’émergence de nouveau (un « événement »). Elle marque aussi la volonté du changement et rend compte de l’importance des transformations à réaliser. Bifurquer est une nécessité, une urgence, et le courant écologiste n’y parviendra pas seul, de même que les autres courants n’y arriveront pas non plus sans les écologistes. De nombreuses questions sont à travailler, à partir de là, qui sont à peine défrichées. Chaque dossier à venir participera à cerner les contours des problèmes et esquisser des solutions d’action – ou tout au moins de réflexion.

Bífurcatíon/s souhaite ainsi contribuer à interroger, alimenter, critiquer, approfondir les bifurcations émancipatrices. La revue veut participer à la remise en cause des trajectoires attendues – sur le plan économique comme écologique, professionnel, territorial, individuel et collectif. Elle entend coopérer aux réflexions et actions des collectifs et sociétés apprenants, attentifs à leur contexte, qui facilitent les circulations et ne se sclérosent pas sur des revendications identitaires, de manière fétichiste. Et faire le pari de l’espoir, car c’est celui de la vie.