À la recherche de l’ « écosocialisme »

Quand l’écologie politique entre pour la première fois en tant que telle dans l’arène politique française, en 1974, avec l’agronome René Dumont, c’est la conviction d’une évidence : le socialisme, en tant que régime rationnel de maîtrise collective des besoins, est la solution pour relever les défis de l’émancipation. Le capitalisme, à l’opposé, est le règne du chaos : besoins artificiels, gaspillages, exploitation de la nature et des travailleurs.
Le socialisme – pris ici dans un sens générique englobant ses variantes communistes, sans s’y réduire – connaît alors d’importants débats mais il fait fond sur une matrice théorique commune, au sein de laquelle le marxisme tient une place importante. La planification est l’outil privilégié, mais elle doit s’entendre de diverses manières : centralisme soviétique ou décentralisation yougoslave, place du marché, types d’investissements entre secteurs, importance relative de la souveraineté nationale, structures variables de délégation et de représentation des travailleurs / consommateurs / citoyens. L’écologie politique paraît brouillonne, par contraste, cherchant ses repères. Elle se range pourtant déjà assez nettement du côté du fédéralisme et de l’autonomie dont Ivan Illich est « l’idéologue et avocat principal », suivant l’économiste Serge-Christophe Kolm, fin observateur des mouvements de l’époque. Et elle a la conviction d’avoir l’avenir avec elle. Elle développe donc son propre corpus : Serge Moscovici, Jacques Ellul, André Gorz, Bernard Charbonneau et de nombreux autre…